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Nicolas Dubreuille

 La géométrie débridée de Nicolas Dubreuille 
 

C’est par des chemins détournés que Nicolas Dubreuille s’est tourné vers l’art : après des débuts en communication visuelle, un travail de graphiste, et une pratique approfondie de la céramique, l’artiste, au milieu des années 2010, s’est consacré à la sculpture et à la peinture. Progressivement, il a soumis sa pratique artistique au langage de la géométrie auquel il a insufflé un esprit ludique excluant l’austérité souvent associée à cette forme d’art.  

Le caractère prolixe et dynamique de l’inspiration créatrice de Nicolas Dubreuille s’exprime particulièrement bien dans sa sculpture. Dénuées de masse, ses créations de métal ou de medium peint oscillent entre l’abstraction et la figuration : si elles résultent de l’intersection de surfaces géométriques planes, elles évoquent dans leur aspect général la figure humaine. L’agencement des formes se concentre sur la verticalité tandis que des éléments assimilables à des membres se déploient latéralement. On trouve aussi quelques détails évocateurs comme un plan évidé par un petit oculus en guise d’œil. Néanmoins, on observe progressivement une évolution vers une sculpture plus abstraite. Cela tient notamment à son processus de création artistique, il s’est constitué un réservoir de formes avec lesquelles il crée ses volumes, à la manière d’un alphabet sans fin. En effet, la naissance d’une œuvre résulte de l’addition progressive d’éléments qui initialement étaient des chutes de ses sculptures précédentes et n’avaient pas vocation à être utilisés. Il y a donc une part d’aléas dans l’aspect final de l’œuvre puisqu’elle n’est plus la concrétisation dans les trois dimensions d’une étude préparatoire. Les sculptures de Nicolas Dubreuille appartiennent indéniablement au genre de la sculpture par les volumes virtuels qu’elles engendrent, les rythmes et les tensions particulières qu’elles créent dans l’espace. Cependant, elles renvoient à la syntaxe bidimensionnelle de la peinture. Jouant plus particulièrement sur l’emploi d’une couleur unique, brillante et vive, elles ont une présence qui mêle à l'élégance du minimalisme l'humour du pop, ou par exemple Antony Caro et Keith Haring, deux artistes aux univers très différents mais qui ont autant compté pour lui.

Domitille d'Orgeval 

Critique D'art